La gestion des processus métier (BPM, business process management) ne s’arrête pas aux processus internes de l’entreprise. C’est ce qu’a souligné une conférence récente du BPM Forum au Centre flamand de la qualité à Gand sur le thème de la gestion des processus collaboratifs, ou CPM (collaborative process management). Les processus collaboratifs permettent de réduire le stock, a expliqué lors de sa présentation Jan Bellaert, partenaire chez MÖBIUS, société de conseil spécialisée dans le BPM et la gestion de la chaîne logistique. « Les fournisseurs ont un stock de sécurité parce qu’ils ne connaissent pas avec certitude les besoins du client. » Un processus intégré où le fournisseur connaît bien ces besoins remplace donc le stock de réserve par la connaissance. Il apporte des avantages quantifiables, notamment en termes de délais de livraison et de fonds de roulement ; en outre, il doit contribuer à réduire les problèmes de livraison. On rencontre par exemple des précurseurs de ces processus collaboratifs dans l’industrie automobile.
Également applicable aux processus administratifs
Cependant, les processus collaboratifs ne se limitent pas aux aspects physiques de la chaîne logistique ou à la limitation des stocks. Il est également possible de les appliquer aux processus administratifs pour réduire le nombre de transactions, en particulier dans les transactions manuelles nécessitant la transmission d’un dossier et où les erreurs sont fréquentes. Jan Bellaert cite ainsi l’exemple des transactions effectuées à chaque fois qu’un client d’une compagnie d’assurance signale un sinistre pour sa voiture (voir illustration). Avant la réparation de la voiture et le paiement de la réparation, ce sont une quinzaine de transactions qui ont lieu entre toutes les parties concernées (assuré, agent d’assurance, assureur, expert, garage). M. Bellaert constate que le mode de fonctionnement de Carglass ne comporte que trois étapes. La relation de confiance entre l’assureur et le constructeur rend l’expertise superflue ; quant à l’agent d’assurance, son intervention n’est pas nécessaire non plus. Non seulement l’ensemble du processus est plus rapide, mais chaque transaction éliminée réduit la fréquence des erreurs.
Conditions
M. Bellaert estime que pour aboutir, les processus collaboratifs exigent le respect de certaines conditions. Premièrement, les parties concernées doivent se placer dans l’optique du résultat souhaité par le client. Deuxièmement, les entreprises concernées doivent penser en termes de processus. Autrement dit, les barrières séparant les différents services doivent disparaître, et ce dans toutes les entreprises concernées. De même que le BPM abolit les frontières entre les services internes, la gestion des processus collaboratifs les abolit entre les entreprises. La technologie doit également être adaptée. Dans la plupart des entreprises, les processus sont encore confinés dans certaines applications. Aujourd’hui, il est possible de les affranchir de ces applications et de les associer à un système séparé, tel qu’un système de gestion des processus métier (BPM). Les processus collaboratifs exigent également une organisation spéciale. Les échanges de dossiers entre les entreprises doivent être évités : il est préférable que des équipes collaborent par-delà leurs frontières. Enfin, selon M. Bellaert, cela exige également une évolution de la mentalité et de la culture de l’entreprise. C’est souvent là qu’apparaissent les problèmes, constate M. Ballaert. « Tout le monde doit y croire, dans tous les services ; et la direction doit apporter son soutien complet. »
Auteur : Dominique Deckmyn – IT Professional
Source : IT Professional – Août 2008
www.mobius.eu
www.mobiusconsulting.co.uk