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Karl-Heinz Streibich, CEO de Software AG

Avec IDS Scheer, nous devenons un des leaders du SOA/BPM. Après le rachat de WebMethods en 2007, Software AG continue sa croissance externe avec l'acquisition cette fois de l'éditeur allemand IDS Scheer, renforçant sa position d'éditeur indépendant dans le domaine du middleware et des logiciels d'infrastructure. Karl-Heinz Streibich, CEO de Software AG commente cette acquisition et la replace dans la stratégie de l'éditeur.



Karl-Heinz Streibich
Karl-Heinz Streibich
A propos de l'acquisition d'IDS Scheer beaucoup d'analystes ont déclaré qu'il s'agissait là de la fusion des SOA (Service Oriented Architecture) et du BPM (Business Process Management). Mais comment marier ces deux univers qui semblent si différents : d'un côté les SOA qui se situent au niveau de l'infrastructure et l'autre le BPM concerne les processus métier de l'entreprise ?
Prenons des analogies. Dans une voiture, vous avez des roues et le moteur. Ils viennent d'univers différents, mais ils sont aussi indispensables pour construire une voiture. Ou prenez le cas d'un restaurant. La cuisine correspond au middleware et les serveurs, en contact avec la clientèle, se situeraient au niveau du BPM. Avez-vous besoins des mêmes compétences en cuisine et en salle ? Evidemment non, mais les deux sont indispensables pour faire un bon restaurant. Ils appartiennent à la même chaîne de valeur. Désormais, avec IDS Scheer, nous couvrons tout le stack applicatif pour concevoir une infrastructure logicielle.

Comment allez-vous accomplir la fusion et organiser le nouveau Software AG ?
En fait, c'est encore un peu tôt car l'acquisition n'est pas encore finalisée. C'est une question de semaines et nous attendons qu'elle le soit pour entrer dans le concret. Sur le papier, nous couvrons désormais toute la chaîne de valeur concernant le BPM : Process Analysis, Process Design, Process Monitoring, Implementation et Operation. Avec Aris, IDS Scheer couvre les trois premiers domaines, et WebMethods les trois derniers. Il y a donc une très forte complémentarité entre les deux offres.

Aujourd'hui, vous avez deux divisions, ETS (Entreprise Transaction Systems) qui regroupe les produits historiques - Adabas et Natural - et WebMethods. Comment allez-vous intégrer IDS Scheer dans l'organisation actuelle ?
Nous ne sommes pas encore à ce niveau de réflexion. Cela dépendra des pays dans lesquels nous sommes présents. En Allemagne, où notre présence est la plus importante l'organisation sera différente de la France ou encore d'une entité plus petite. Il faut noter que nombre de nos clients utilisent à la fois WebMethods and Aris d'IDS Scheer.

Cette acquisition va-t-elle vous entraîner vers une activité plus orientée vers le service ?
Non, nous avons évidemment des compétences en matière de modélisation, de conception ou d'implémentation. Mais nous sommes là au lancement d'un projet par exemple pour faire un proof of concept et ensuite ce sont nos grands partenaires intégrateurs qui assurent la totalité du projet. Nous restons évidemment une ressource disponible. Mais nous n'avons pas d'ambition à développer notre activité service. Ces intégrateurs peuvent également faire appel à nos compétences lorsqu'ils répondent à un appel d'offre par exemple pour valider une architecture ou définir les meilleures pratiques.

Vous dites avoir la totalité du stack logiciel d'infrastructure, mais comment décrivez-vous votre offre et pensez-vous qu'il faille encore la compléter ?
Nous parlons tout simplement de middleware ou de suite d'intégration. Il ne faut pas avoir une vue statique du logiciel. Le logiciel est une matière évolutive qui s'enrichit sans cesse. Il est donc impossible d'affirmer que notre offre est complète. Si je reprends l'analogie des voitures, ce qui était optionnel il y a quelques années, fait partie intégrante de la configuration de base d'une voiture d'aujourd'hui. Nos clients nous demandent toujours plus d'intégration, plus de sécurité, plus d'automatisation, etc. Ils demandent que nos systèmes soient de plus en plus facilement à utiliser ou à administrer.

Ne pensez-vous qu'à terme, deux ou trois suites globales répondront à l'ensemble des besoins des entreprises ?
Non, je pense qu'il y a aura toujours besoin de spécialisation. Il y aura toujours des startups qui arriveront avec des idées nouvelles auxquelles n'auront pas pensé les grands éditeurs. C'est là un mouvement qui ne s'arrêtera pas de sitôt.

La crise a-t-elle un effet sur votre activité ?
Oui, mais notre offre est réellement adaptée pour répondre aux défis posés par la crise. Nous aidons les DSI à réduire les coûts, à moderniser l'architecture du Système d'information, à automatiser, à intégrer, à améliorer l'efficacité des processus... D'ailleurs, nos résultats du premier semestre montre que nous faisons mieux que résister à la crise. Au deuxième trimestre 2009, notre chiffre d'affaires à augmenter de 5% dans un environnement plus que difficile.

Définissez-vous des indicateurs qui montrent à vos clients l'efficacité des systèmes que vous mettez en place ?
Nous calculons le retour sur investissement pour chaque projet. Et nous sommes très attentifs à ces mesures.

Le marché des éditeurs de logiciels poursuit sa consolidation à marche forcée. Il y a aujourd'hui la bande des quatre grands - IBM, Microsoft, Oracle et SAP - quelques éditeurs indépendants de taille intermédiaire dont Software AG fait partie et une myriade de petits éditeurs dont on a l'impression que la vocation consiste à être rachetés par des plus gros.

N'avez-vous pas l'impression que le futur des éditeurs de taille intermédiaire est très incertain ?
Pour ce concerne Software AG, le composition de notre actionnariat nous met à l'abri. Un fonds de pension détenu par les salariés possède 30% du capital. Et la croissance de Software AG, nourrie par les acquisitions et par une croissance organique très significative, nous place plutôt dans une situation favorable. La seule chose dont je suis sûr est que nous mourrons tous.

Après WebMethods en 2007, IDS Scheer cette année, pensez-vous continuer sur ce rythme ?
Je pense que nous allons acheter une société de taille significative tous les deux ou trois ans.

Propos recueillis par Guy Hervier de ITR Manager
www.itrmanager.com

Jeudi 1 Octobre 2009
BPM -channel



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